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Lundi 2 avril 2012 1 02 /04 /Avr /2012 20:00

 

Apparemment, le projet de loi d’amnistie qui sera présenté prochainement au niveau du parlement (CST et CT) pour adoption a obtenu, pour une fois, l’aval des deux factions rivales dont les positions ont toujours été diamétralement opposées, à savoir, la mouvance Ravalomanana, d’un côté, et la mouvance Rajoelina, de l’autre. Même si aucun des représentants de ces deux mouvances n’a tenu à apporter le moindre commentaire sur ce projet, il est évident que chacun a son interprétation et se réjouit dans son coin, s’estimant servi au mieux de ses intérêts.

Mais grande sera la surprise quand viendra enfin le jour de l’application de ces amnisties. En effet, ce jour-là, il n’y aura plus de compromis ou de demi-mesure : ou une personne est amnistiée, ou elle ne l’est pas ! Et même sans le citer nommément, le cas de l’ex-dictateur qui s’est enfui volontairement en Afrique du Sud sera la pierre d’achoppement car il est concerné par cette amnistie, quoi que disent ses thuriféraires. D’ailleurs, on imagine mal les tenants de cette transition accepter un projet de loi qui donnerait la part belle à Ravalomanana en l’en exemptant.

La prolongation de la crise n’est pas à écarter et est même fortement à envisager car cette application ne sera certainement pas du goût de tout le monde. Les partisans de Ravalomanana, tout comme ceux de Rajoelina, ne seront jamais d’accord sur le verdict qui concernera ce président déchu.

Il n’y a vraiment pas lieu de se réjouir actuellement et de se cantonner dans un optimisme béat, d’un côté comme de l’autre, à moins de ne vouloir voir pas plus loin que le bout de son nez !

N. Randria

 

Par Randria - Publié dans : Politique - Madagascar - Communauté : Madagascar autrement
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Lundi 2 avril 2012 1 02 /04 /Avr /2012 19:59

Le prétendu résultat d’un sondage sur les intentions de vote des électeurs tananariviens pour la prochaine élection présidentielle et publié par un quotidien de la place a reçu des réactions mitigées au sein de l’opinion. Néanmoins, il semble admis par tous que les seuls candidats susceptibles de s’emparer de la magistrature suprême restent Ravalomanana, l’ex-président autocrate qui s’est enfui piteusement en Afrique du Sud et l’actuel homme fort de la Transition. Pour autant, leurs cotes de popularité actuelles, et le jour de l’élection venu, leur assureraient-elles la victoire ?

Les partisans de l’ex-dictateur, ne pouvant imaginer la manipulation qu’a été vraisemblablement ce résultat, ont plus que jubilé en gobant ce soi-disant avantage de leur chef de mouvance sur l’actuel président de la transition. Chose compréhensible étant donné leur fanatisme aveugle ainsi que leur foi (crédulité, naïveté…) inébranlable en la justesse de leur revendication. Ainsi pour eux, cela relève de leur logique qui veut que l’usurpateur qu’est Andry Rajoelina ne peut vaincre leur champion qui a déjà été consacré par deux élections. Ils espèrent et misent ainsi sur un retour gagnant du président déchu sans penser aucunement au fait que Andry Rajoelina a battu à plate couture « le » poulain de leur Ravalomanana chéri lors des élections municipales de 2007 alors qu’il était un parfait inconnu en débarquant dans l’arène politique, laquelle était dominé à l’époque par le parti TIM.

Les supporters de Rajoelina, pour leur part, même s’ils ont tôt fait de dénoncer cette manipulation de l’opinion, espèrent également la victoire même s’ils sont conscients que le charisme de leur chef n’a pas résisté à l’exercice du pouvoir. En effet, à moins de vouloir se cantonner dans l’autosatisfaction, ils doivent se rendre à l’évidence que l’actuel président de la Transition ne suscite plus la même ferveur ni le même engouement qu’il y a trois ans de cela. Certes, ils pourront prétexter que cela provient du fait qu’il est mal entouré et mal conseillé, mais c’est là justement où le bât blesse car malgré les incompétences et les magouilles avérées de certaines de ces personnes de son entourage, ces dernières semblent inamovibles et, pire, obtiennent même des promotions, si elles ne font pas l’objet de création de postes fort lucratifs au sein de la présidence.

Le champion du changement est assurément mal parti pour faire valoir…le changement dans sa campagne et risque ainsi d’être mis dans le même sac que tous ses prédécesseurs avec ses promesses non tenues.

Eu égard à ces paramètres qui risquent à tout le moins d’amoindrir les chances de ces deux grands favoris, on peut penser à l’émergence d’un troisième larron qui risque de les coiffer au poteau. Et la surprise pourrait provenir d’un politicien dont le parcours est jusqu’ici sans faute, notamment un certain Roland Ratsiraka dont les interventions sur les affaires nationales semblent toujours empreintes de réalisme, ou encore un Rajemison Rakotomaharo dont la sagesse, même au sein du pouvoir de Ravalomanana, n’a jamais failli. Un Monja Roindefo n’est pas à écarter malgré tout ce qu’on dit de lui. En tout cas, ses dernières interventions, notamment celles de samedi dernier, dégagent la force et la portée historique de son parti et laissent déjà penser à un programme et un projet de société qu’il défendra lors des prochaines campagnes électorales. Quant à Tantely Andrianarivo et Pierrot Rajaonarivelo, ils dont déjà depuis quelques mois en concurrence sourde.

Inutile de parler de Zafy Albert et Ratsiraka dont leurs avenirs sont derrière eux.

En somme, l’élection présidentielle à venir sera une course ouverte où nul ne peut être assuré d’une victoire certaine, les favoris encore moins que les outsiders ! Du moins si les règles du jeu sont justes, claires et bien observés !

N. Randria

Par Randria - Publié dans : Politique - Madagascar - Communauté : Madagascar autrement
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Vendredi 30 mars 2012 5 30 /03 /Mars /2012 22:02

Chaque semaine qui passe apporte son lot de revendications, ces derniers temps. Ainsi, les transporteurs en commun viennent également de lancer un ultimatum et menacent de faire une grève d’avertissement de 24 heures si les autorités ne trouvent aucune solution à leurs problèmes. En fait, ces transporteurs s’estiment être entre le marteau et l’enclume car ne pouvant se décider à procéder à une hausse des tarifs pour préserver le pouvoir d’achat déjà très faible des usagers, d’une part, et, d’autre part, ne pouvant pas non plus supporter cette dernière hausse des prix du carburant. Vu sous cet angle, on ne peut qu’être de tout cœur avec ces transporteurs qui semblent véritablement se soucier des intérêts des usagers. Hélas, la réalité est tout autre car sous ces déclarations faites surtout pour s’attirer la sympathie se cachent des pratiques qui ne visent qu’à se remplir les poches à moindre frais. Ainsi, il faut que ce soit clair une bonne fois pour toutes que le domaine du transport en commun est un service public. A ce titre, la satisfaction des usagers est leur priorité, et accessoirement la recherche de bénéfices. Dans la mesure où ces transporteurs déclarent ne plus pouvoir assumer leur rôle (parce que le carburant coûte trop cher ou à cause de la détérioration des infrastructures routières), qu’ils arrêtent carrément de travailler et qu’ils « démissionnent » au lieu de procéder à ces manières qui relèvent du chantage pur et simple. De toute manière, un grand coup de balai s’impose dans ce domaine eu égard aux multiples non-respects des cahiers de charges de ceux qui y travaillent. Une démission collective de tous les transporteurs serait un moindre mal pour les usagers car cela entraînerait enfin l’apparition de nouvelles têtes ainsi que de nouvelles coopératives de transports prêtes à assumer pleinement leurs rôles, sans passer par le racket des coopératives qui existent actuellement. A n’en pas douter, un sang nouveau dans ce domaine serait le bienvenu afin que soient mises aux oubliettes ces mauvaises habitudes de la part de ceux qui se permettent de faire ce qu’ils veulent actuellement, notamment ces non-respects des circuits, ces courses-poursuites, ces excès de vitesse, ces « transbordements », ces surcharges ainsi que ces pratiques de corruption qui leur font imaginer qu’ils sont au-dessus de la loi.

L’heure est au changement, dit-on. Alors pourquoi pas ne pas y procéder de fond en comble pour que les transporteurs à venir sachent enfin ce qu’ils doivent faire et pour que les usagers soient enfin assurés d’arriver à bon port dès lors qu’ils sont bien assis dans un véhicule de transport en commun de la capitale et de ses environs.

Oust, du balai et vivement le changement !

N. Randria

 

 

Par Randria - Publié dans : Politique - Madagascar - Communauté : Madagascar autrement
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Jeudi 29 mars 2012 4 29 /03 /Mars /2012 19:47

Après la décision du pouvoir de transition de prendre enfin le taureau par les cornes en matière de lutte contre l’insécurité, les patrouilles des éléments mixtes des forces de l’ordre pullulent dans la ville pour le grand bonheur des noctambules, les vrais qui aiment la vie de la nuit, ceux qui peuvent encore s’amuser et se divertir. En effet, un semblant de sérénité s’est instauré dans la capitale avec la présence sécurisante de ces hommes en tenue ou en treillis. Pour autant, on ne peut pas encore s’avancer sur les résultats de cette opération d’envergure étant donné qu’elle est encore à ses débuts. Le scepticisme règne toujours car les Malgaches sont habitués à ces opérations faites à grand tam-tam avec des résultats spectaculaires à leurs débuts mais qui, très rapidement, sombrent dans l’oubli. En effet, l’on se rappelle qu’à l’issue de la journée bloquée du 11 août 2011, les membres du gouvernement réunis expressément pour se pencher sur les problèmes sociaux auxquels faisait face la population ont « adopté des mesures urgentes » et ont fait de la sécurité une affaire d’Etat. Comme stratégie, il y a été décidé « une présence effective et permanente des Forces de l’ordre et autres responsables administratifs sur le terrain (tournée de police générale des forces de l’ordre, marches manœuvres militaires, visites fréquentes des autorités gouvernementales et administratives, création des postes avancés GN/PN, DAS, etc.) ».

« A situation exceptionnelle, mesures et moyens exceptionnels à très court terme », avait annoncé le communiqué sorti après cette  journée bloquée des membres du gouvernement d’Union nationale de l’époque mais apparemment et au vu de la recrudescence de l’insécurité, ces mesures se sont avérées inefficaces. D’ailleurs, la population n’a constaté aucun changement notable au niveau du mode opératoire des forces de l’ordre malgré cette nouvelle stratégie car ce furent toujours les mêmes contrôles et les mêmes barrages aux mêmes endroits.

Pour cette fois-ci, des moyens ont été visiblement mis à la disposition des forces de l’ordre et les renforts de l’armée sont également présents. Néanmoins, cela durera-t-il « jusqu’à l’éradication de l’insécurité » comme l’ont déclaré les membres du commandement des forces de l’ordre (Police, gendarmerie, forces armées) ou serait-ce encore une « opération feu de paille » comme on nous a habitué ? Le doute est permis, surtout que la gestion de la crise a toujours pris le pas sur la gestion du pays et celle du quotidien de la population durant cette transition.

N. Randria

 

Par Randria - Publié dans : Politique - Madagascar - Communauté : Madagascar autrement
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Jeudi 29 mars 2012 4 29 /03 /Mars /2012 19:44

On entend souvent parler de ces mesures d’expulsion à l’encontre de certaines familles. Dans la plupart des cas, il s’agit de non-paiement de loyer ou de non-respect du contrat passé entre les deux entités : le locataire et le propriétaire. Néanmoins, on n’a jamais vu de telle mesure prise à l’encontre d’un décédé comme ce qui s’est passé lundi dernier dans une circonscription des environs de la capitale où le corps d’une vielle femme qui a été enterrée en toute légalité, il y a quatre mois de cela, a été déterré suite à une décision du tribunal. Nous ne sommes pas au fait des causes de la plainte du propriétaire de cette tombe et qui a eu gain de cause au niveau des instances juridiques, lesquelles ont donc tranché pour « l’expulsion » de cette morte. Peu nous importent ces raisons car le fait est qu’il s’agit, et c’est le moins qu’on puisse dire, d’une situation ahurissante, abasourdissante, aberrante, honteuse… les mots nous manquent pour qualifier une telle décision. On ne peut que condamner cette mesure qui est totalement à l’opposé des valeurs Malgaches et de son respect, voire de sa vénération des disparus. Il n’existe à notre connaissance aucune civilisation et aucune culture dans le monde où l’on ne doit le respect aux morts, et nos valeurs ne sont pas en reste puisque souvent on entend dire « ny Malagasy tsy miady amam-paty », une expression qui signifie que pour nous Malgaches, toutes les inimitiés et autres rancœurs que nous avons pu avoir vis-à-vis de quelqu’un cessent dès lors que cette personne est décédée : que les survivants s’entre-déchirent et continuent leurs querelles familiales et autres affrontements et qu’on laisse les disparus à la tranquillité et à la paix, leurs ultimes droits sur cette terre. Les indiscrétions des habitants de cette circonscription où a eu lieu cette « expulsion » font état d’un comportement asocial de ces propriétaires et cette mesure inédite n’est pas leur première puisqu’ils se font, entre autres, payer les herbes qui poussent sauvagement sur leur terrain et gare aux paysans éleveurs qui se font prendre. Des propriétaires qui ont le bras long, selon toujours ces indiscrétions. Pour notre part, notre procès est fait et de tels comportements ne traduisent pas uniquement la perte de nos valeurs ancestrales mais constituent également l’abandon de toute humanité chez ceux qui s’y adonnent.

N. Randria

Par Randria - Publié dans : Politique - Madagascar - Communauté : Madagascar autrement
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