Lundi 2 avril 2012
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Le prétendu résultat d’un sondage sur les intentions de vote des électeurs tananariviens pour la prochaine élection présidentielle et publié par
un quotidien de la place a reçu des réactions mitigées au sein de l’opinion. Néanmoins, il semble admis par tous que les seuls candidats susceptibles de s’emparer de la magistrature suprême
restent Ravalomanana, l’ex-président autocrate qui s’est enfui piteusement en Afrique du Sud et l’actuel homme fort de la Transition. Pour autant, leurs cotes de popularité actuelles, et le jour
de l’élection venu, leur assureraient-elles la victoire ?
Les partisans de l’ex-dictateur, ne pouvant imaginer la manipulation qu’a été vraisemblablement ce résultat, ont plus que jubilé en gobant ce
soi-disant avantage de leur chef de mouvance sur l’actuel président de la transition. Chose compréhensible étant donné leur fanatisme aveugle ainsi que leur foi (crédulité, naïveté…) inébranlable
en la justesse de leur revendication. Ainsi pour eux, cela relève de leur logique qui veut que l’usurpateur qu’est Andry Rajoelina ne peut vaincre leur champion qui a déjà été consacré par deux
élections. Ils espèrent et misent ainsi sur un retour gagnant du président déchu sans penser aucunement au fait que Andry Rajoelina a battu à plate couture « le » poulain de leur
Ravalomanana chéri lors des élections municipales de 2007 alors qu’il était un parfait inconnu en débarquant dans l’arène politique, laquelle était dominé à l’époque par le parti TIM.
Les supporters de Rajoelina, pour leur part, même s’ils ont tôt fait de dénoncer cette manipulation de l’opinion, espèrent également la victoire
même s’ils sont conscients que le charisme de leur chef n’a pas résisté à l’exercice du pouvoir. En effet, à moins de vouloir se cantonner dans l’autosatisfaction, ils doivent se rendre à
l’évidence que l’actuel président de la Transition ne suscite plus la même ferveur ni le même engouement qu’il y a trois ans de cela. Certes, ils pourront prétexter que cela provient du fait
qu’il est mal entouré et mal conseillé, mais c’est là justement où le bât blesse car malgré les incompétences et les magouilles avérées de certaines de ces personnes de son entourage, ces
dernières semblent inamovibles et, pire, obtiennent même des promotions, si elles ne font pas l’objet de création de postes fort lucratifs au sein de la présidence.
Le champion du changement est assurément mal parti pour faire valoir…le changement dans sa campagne et risque ainsi d’être mis dans le même sac
que tous ses prédécesseurs avec ses promesses non tenues.
Eu égard à ces paramètres qui risquent à tout le moins d’amoindrir les chances de ces deux grands favoris, on peut penser à l’émergence d’un
troisième larron qui risque de les coiffer au poteau. Et la surprise pourrait provenir d’un politicien dont le parcours est jusqu’ici sans faute, notamment un certain Roland Ratsiraka dont les
interventions sur les affaires nationales semblent toujours empreintes de réalisme, ou encore un Rajemison Rakotomaharo dont la sagesse, même au sein du pouvoir de Ravalomanana, n’a jamais
failli. Un Monja Roindefo n’est pas à écarter malgré tout ce qu’on dit de lui. En tout cas, ses dernières interventions, notamment celles de samedi dernier, dégagent la force et la portée
historique de son parti et laissent déjà penser à un programme et un projet de société qu’il défendra lors des prochaines campagnes électorales. Quant à Tantely Andrianarivo et Pierrot
Rajaonarivelo, ils dont déjà depuis quelques mois en concurrence sourde.
Inutile de parler de Zafy Albert et Ratsiraka dont leurs avenirs sont derrière eux.
En somme, l’élection présidentielle à venir sera une course ouverte où nul ne peut être assuré d’une victoire certaine, les favoris encore moins
que les outsiders ! Du moins si les règles du jeu sont justes, claires et bien observés !
N. Randria
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