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Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 21:46

Si louable soit une initiative et si objective soit la teneur d’une déclaration, ces qualités tombent en miette dès qu’apparaissent certaines têtes qui sont à leur origine. Ainsi cette déclaration de ces officiers retraités qui condamne l’utilisation des Forces armées à des fins de répression et qui a perdu sa neutralité au vu du seul Général Rakotoarijaona Désiré parmi les instigateurs. Pour rappel et parce que l’histoire ne s’oublie pas, l’homme a été Premier ministre sous Ratsiraka du 1er août 1977 au 12 février 1988. Le 3 août 1985 a eu lieu le massacre des pratiquants du Kung-fu et, d’après toujours l’histoire, l'exécutant de ce massacre au char et fusils mitrailleurs et perpétré par des militaires sur des civils était le Premier ministre de l’époque Désiré Rakotoarijaona.
L’homme est ainsi mal, très mal placé pour donner des leçons à ses cadets à qui il préconise, entre autres, de procéder aux sommations avant tout usage de la force car ce massacre dont il a été l’exécutant a été une véritable attaque surprise, sans sommation aucune.
Par ailleurs, en ce qui concerne la précision de ces généraux retraités qui ont souligné que la liberté d’expression relève du droit fondamental international et qu’à ce titre le peuple a le droit de s’exprimer librement, on ne peut que rappeler à ce leader de ces officiers à la retraite que c’était durant sa primature, et plus précisément de 1975 à 1992, que l’Etat Malgache avait été qualifié par les historiens et les chroniqueurs, d’Etat liberticide. Richard Claude Ratovonarivo, un éminent journaliste, lors d’une interview, a déclaré que durant cette époque, « différentes sortes de liberté sont accordées aux tenants du régime qui se font appeler révolutionnaires. Il en est ainsi de la liberté de mouvement (droit qu’a chaque citoyen d’aller et venir sans entraves sur le territoire national), de la liberté de réunion (pouvoir accordé aux individus de se réunir dans un endroit ouvert à tous sans avoir à solliciter une autorisation préalable), de la liberté syndicale (pouvoir accordé aux individus de constituer des syndicats, d’adhérer ou non à un syndicat), de la liberté d’opinion, de penser (droit pour chacun d’exprimer ses pensées, ses croyances). Mais, ces libertés sont refusées ou tout au plus tolérées, occasionnellement et avec maintes entraves, aux opposants taxés de réactionnaires ».
Des constats qui ne peuvent que décrédibiliser la déclaration de ces officiers à la retraite sous la houlette de Désiré Rakotoarijaona ; « une reprise des résolutions de la réunion d’Ankerana, mais qui ont été remises à jour », d’après Désiré Ramakavelo, un autre Général retraité qui précise toutefois que la réunion d’Ankerana, et donc la résolution qui en était sortie, n’avait revêtu aucune connotation politique.
En guise de désaveu, on n’aurait trouvé mieux que cette dernière déclaration. La réponse du berger à la bergère, ou encore « Désiré vs Désiré », pour parodier le titre d’un film célèbre.
N. Randria

Par Randria - Publié dans : Politique - Madagascar - Communauté : Madagascar autrement
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Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 21:25

D’après les révélations faites par le ministre des Finances et du Budget devant les membres du CST dernièrement, l’indice 1200 que revendiquent les paramédicaux est celle de techniciens supérieurs, voire d’ingénieurs. Si ces derniers sont logés à un tel enseigne, c’est grâce à leur cursus universitaire, notamment un bacc +7, ce que n’ont évidemment pas ces assistants de santé dont la plupart n’ont eu que des formations de deux ans après le bacc. Et pourtant, ils persistent et veulent aller jusqu’au bout de leur revendication alors que celle-ci n’est nullement fondée et ne repose sur aucune légitimité, quitte à mettre en péril la santé et même la vie de certains des patients dont ils sont en charge. Et c’est ce genre d’entêtement qui fait dire à certains observateurs que sous ces multiples revendications prétendument syndicales se cachent certainement des motivations politiques. Quoi qu’il en soit, la brèche a été ouverte dès lors que la HAT a accédé aux desiderata des militaires, d’autant plus que des soupçons de collusion existaient déjà entre ces deux entités. Inutile et impossible alors de se montrer intransigeant, ou entêté, actuellement car le mal a été fait. Les mesures que le pouvoir en place, surtout après cette déclaration du président de la Transition aujourd’hui selon laquelle plus aucune velléité d’apporter le trouble dans le déroulement de la vie de la nation ne sera plus tolérée, ne feront qu’envenimer cette situation déjà délétère.

En fait de changement, ce qui est constaté actuellement réside dans le changement de comportement de ce régime vis-à-vis des opposants. Un changement qui arrive bien tardivement cependant. En effet, c’est ce genre de comportement, notamment cette fermeté annoncée, qu’on attendait de ce régime au début de cette crise. Et au lieu de cela, ses tenants ont fait trop de concession alors qu’ils avaient entre les mains tous les atouts pour pouvoir mettre en œuvre le processus pour aboutir à la IVème République, et rapidement en plus.

Résultat : les mesures que ce régime s’entête à vouloir prendre pour contrer ses opposants ne feront que conforter davantage la conviction de ses détracteurs qui ont annoncé moult fois que le pouvoir actuel restreint certaines libertés et qu’il est même à plusieurs égards davantage « dictatorial » que le régime de Ravalomanana.

L’apaisement tant souhaité sera-t-il alors au rendez-vous avec cette nouvelle décision prise en haut lieu de ne plus accepter les réunions publiques (grève y compris ?) ? Rien n’est moins certain.

Et s’il est vrai que seules les élections mettront fin à cette crise, il n’est pourtant pas assuré que l’entêtement à vouloir les réaliser coûte que coûte, même dans un climat sociopolitique proche du chaos, soient la meilleure des solutions.

En somme, des entêtements qui risquent de faire plus de mal que de bien !

 

N. Randria

 

Par Randria - Publié dans : Politique - Madagascar - Communauté : Madagascar autrement
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Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 17:56

Jamais les termes de liberté de la presse et de liberté d’expression n’ont été tant prononcés, ni tant galvaudés que sous cette transition. Et chacun y va de sa revendication sous divers prétextes, entre autres les lettres de mise en demeure, les fermetures de stations de radio et autres incarcérations de journaliste. Certes, ces mesures ont été prises par les autorités actuellement à la tête du pays, mais les raisons sont tout à fait autres que ce que l’on veut bien faire croire et devraient, à ce titre, faire l’objet d’un minimum d’examen avant qu’il ne soit procédé à ces déclarations qui les condamnent à tout bout de champ, à l’instar de ces réactions devenues monnaies courantes de la part des autorités américaines (ambassade, administration.). En effet, il est étonnant de constater qu’un si vaste pays, dont la renommée des services de renseignements n’est plus à démontrer, ait une telle étroitesse d’esprit, comme il est également sidérant de voir qu’une si grande nation soit si petite dans ses réactions. Et ça balance des condamnations sans même se demander du bien-fondé des renseignements qu’on lui fait gober, confondant une simple fermeture de local à une fermeture de station radio, assimilant une mesure de garde à vue à un emprisonnement. Les USA ne se posent même pas la question de savoir s’ils sont ou non impartiaux dans leur jugement, se croyant au-dessus de tout critique. Des comportements tendancieux et susceptibles d’être mis en doute cependant étant donné leur inertie devant les dérives en la matière perpétrées par leur ami de toujours, celui pour le retour de qui ils se battent becs et ongles et celui à cause de qui ils ont en aversion ce pouvoir transitoire et son dirigeant : le président déchu qui s’est enfui volontairement en Afrique du Sud, Marc Ravalomanana. Une apathie dénoncée en son temps par l’ambassadeur de France, Jean Marc Châtaigner, qui a fustigé toute la communauté internationale, les Etats-Unis d’Amérique y compris, lors d’une mémorable célébration de la fête nationale française, il y a quelques années de cela. « Pourquoi sommes-nous restés silencieux lorsque les choses ont commencé à se détériorer après l’immense espoir populaire de 2002 ? Pourquoi nos institutions financières internationales n’ont-elles rien dit lorsque l’Etat a favorisé les intérêts d’un grand monopole privé et lui a accordé des avantages indus par rapport à ses concurrents ? Pourquoi la communauté diplomatique n’a-t-elle pas protesté, ou pas assez énergiquement, lorsque les atteintes à l’Etat de droit se sont multipliées, avec des emprisonnements et des expulsions arbitraires, des entraves mises à la liberté de la presse et d’expression, lorsque la peur a gagné les cœurs ? », a-t-il déploré.

On a ainsi beau se gargariser d’être le« Gardiens de la Démocratie »  et se permettre d’agir en « Gendarmes du monde », encore faut-il s’assurer de la véracité des informations sur lesquelles on se fonde pour se comporter comme tel, d’une part, et, d’autre part, assurer autant que faire se peut ce rôle, en toute équité et en toute impartialité, sous peine d’être qualifié d’être un simple chien de garde qui aboie la plupart du temps sans raison et parce que c’est un comportement devenu atavique, un réflexe pavlovien dès qu’il s’agit de condamner cette transition.

N. Randria

Par Randria - Publié dans : Politique - Madagascar - Communauté : Madagascar autrement
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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 21:11

Les paramédicaux travaillant au sein des établissements hospitaliers de toute l’île se mettront en grève à partir de lundi. Ils ont ainsi décidé d’instaurer le service minimum, c’est-à-dire, de ne prendre leur service que de 18 heures à 8 heures le lendemain. Durant la journée, aucun d’eux ne travaillera, quels que soient les cas d’urgence qui peuvent survenir au sein de ces établissements.

Par ailleurs, les médecins eux aussi ont déjà annoncé qu’ils allaient également s’y mettre prochainement eu égard à la non-réalisation des promesses qui leur on été faites.

On verra alors si les responsables étatiques osent prendre les mêmes mesures qu’ils ont prises lors de la grève des enseignants éducateurs, notamment en menaçant de suspendre les salaires des grévistes ainsi que de remplacer les récalcitrants par des suppléants. En effet, arguant la grande responsabilité de ces enseignants-éducateurs, notamment celle qui consiste en l’éducation des citoyens de demain que sont les élèves à leur charge, le ministère de tutelle, avec l’aval de sa hiérarchie, est monté sur ses grands chevaux et a intimé les enseignants à reprendre le collier.

Qu’est qui empêcherait le ministre de la Santé publique de faire de même étant donné que la santé des patients, par le biais des soins que ces paramédicaux et médecins prodiguent et à travers les autres services médicaux de leurs ressorts, est entre leurs mains ? D’autant plus qu’il leur est facile de jouer sur la corde sensible en avançant que les patients ne devront pas être pris en otage, tout comme les responsables ont procédé en faisant prévaloir l’avenir des enfants et des élèves. Plus grande même sont leurs responsabilités car les conséquences de leurs grèves peuvent être constatées immédiatement, notamment par la hausse du taux de morbidité, sinon du taux de mortalité, au sein de ces établissements hospitaliers, à la différence de la répercussion plus ou moins lointaine de l’arrêt des cours effectués par les enseignants.

A moins qu’ils ne leur soient plus faciles, à ces responsables ministériels et étatiques, de terroriser ces enseignants, les plus mal lotis au sein de la grande famille des fonctionnaires et qu’ils estiment peut-être les plus faibles, autrement que d’autres corps de métiers dont on craint les réactions, à l’instar des forces armées dont les revendications ont été rapidement satisfaites et les promesses tenues ?

L’égalité de traitement devrait être la règle face à cette multitude de revendications sous cette transition, sans exception aucune, car quand on a pu satisfaire les revendications des uns, il est difficile de ne pas contenter les autres ou de trouver des raisons, vraies ou fausses, pour ne pas les exaucer.

N. Randria

Par Randria - Publié dans : Politique - Madagascar - Communauté : Madagascar autrement
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Jeudi 17 mai 2012 4 17 /05 /Mai /2012 19:47

Les ministres du gouvernement de François Hollande ont signé une charte destinée à leur assigner un comportement « exemplaire ». D’une manière générale, les règles de cette charte visent l’impartialité des membres du gouvernement, leur solidarité ainsi que la transparence dans l’exercice de leur fonction. N’en doutons pas que ces règles seront appliquées et les manquements éventuels feront l’objet de dénonciations publiques qui seront suivies de sanctions. Parmi ces règles, l’obligation pour ces nouveaux ministres de procéder, à leur entrée en fonction, à une « une déclaration d'intérêts », laquelle « est rendue publique ». Les ministres doivent confier « la gestion de leur patrimoine mobilier à un intermédiaire agréé, sur la base d'un mandat garantissant qu'ils ne pourront intervenir directement dans cette gestion ». Par ailleurs, Ils « s'abstiennent de donner suite à toute invitation pour un séjour privé qui émanerait d'un gouvernement étranger ou de personnes physiques ou morales dont l'activité est en relation avec leur département ministériel ». Les ministres s'engagent également à remettre « au service des domaines, soit immédiatement, soit à l'issue de leurs fonctions, les cadeaux d'une valeur supérieure à 150 euros ». Ils doivent renoncer à « toute participation à un organisme, même à but non lucratif, dont l'activité intéresse leur ministère » et, aussi, s'abstenir « absolument de toute intervention concernant la situation d'un membre de leur famille ou d'un proche ». La charte rappelle surtout que « seules les dépenses directement liées à l'exercice des fonctions sont prises en charge par l'Etat ». Enfin, il y est stipulé que « sauf contrainte particulière justifiant une escorte motocycliste, leurs déplacements en automobile se font dans la discrétion et le respect des règles du code de la route. »

Nous estimons que la publication de ces règles dans nos colonnes éclairera les malgaches sur ce que devrait être le comportement de leurs gouvernants. D’ailleurs, certaines de ces règles ont été également édictées sous ce régime transitoire ou sous le régime précédent, à l’instar de l’obligation de la déclaration de patrimoine ou encore l’interdiction de recourir aux « gyrophares » (qualifiée sous d’autres cieux comme antinomique à la « discrétion » et au « respect du code de la route ») lors de déplacement des ministres. Néanmoins, les sanctions ne sont jamais prises à l’encontre des contrevenants.

Quoi qu’il en soit, tout ce qui est préconisé dans cette charte des membres du gouvernement français sont exactement à l’opposée des comportements de nos dirigeants pour qui les trafics d’influences, les délits d’initiés, les pratiques corruptives et autres abus de pouvoir et de fonction semblent être les règles. Pour dire que leurs pratiques sont aux antipodes de l’impartialité, de l’équité et de la transparence alors que, si nous ne nous abusons pas, le changement est le mot d’ordre sous cette transition.

N. Randria

Par Randria - Publié dans : Politique - Madagascar - Communauté : Madagascar autrement
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