Si louable soit une initiative et si objective soit la teneur d’une déclaration, ces qualités tombent en miette dès qu’apparaissent certaines têtes qui sont à leur origine. Ainsi cette
déclaration de ces officiers retraités qui condamne l’utilisation des Forces armées à des fins de répression et qui a perdu sa neutralité au vu du seul Général
Rakotoarijaona Désiré parmi les instigateurs. Pour rappel et parce que l’histoire ne s’oublie pas, l’homme a été Premier ministre sous Ratsiraka du 1er août 1977 au 12 février 1988. Le 3 août
1985 a eu lieu le massacre des pratiquants du Kung-fu et, d’après toujours l’histoire, l'exécutant de ce massacre au char et fusils mitrailleurs et perpétré par des militaires sur des civils
était le Premier ministre de l’époque Désiré Rakotoarijaona.
L’homme est ainsi mal, très mal placé pour donner des leçons à ses cadets à qui il préconise, entre autres, de procéder aux sommations avant tout usage de la force car ce massacre dont il a été
l’exécutant a été une véritable attaque surprise, sans sommation aucune.
Par ailleurs, en ce qui concerne la précision de ces généraux retraités qui ont souligné que la liberté d’expression relève du droit fondamental international et qu’à ce titre le peuple a le
droit de s’exprimer librement, on ne peut que rappeler à ce leader de ces officiers à la retraite que c’était durant sa primature, et plus précisément de 1975 à 1992, que l’Etat Malgache avait
été qualifié par les historiens et les chroniqueurs, d’Etat liberticide. Richard Claude Ratovonarivo, un éminent journaliste, lors d’une interview, a déclaré que durant cette époque, «
différentes sortes de liberté sont accordées aux tenants du régime qui se font appeler révolutionnaires. Il en est ainsi de la liberté de mouvement (droit qu’a chaque citoyen d’aller et venir
sans entraves sur le territoire national), de la liberté de réunion (pouvoir accordé aux individus de se réunir dans un endroit ouvert à tous sans avoir à solliciter une autorisation préalable),
de la liberté syndicale (pouvoir accordé aux individus de constituer des syndicats, d’adhérer ou non à un syndicat), de la liberté d’opinion, de penser (droit pour chacun d’exprimer ses pensées,
ses croyances). Mais, ces libertés sont refusées ou tout au plus tolérées, occasionnellement et avec maintes entraves, aux opposants taxés de réactionnaires ».
Des constats qui ne peuvent que décrédibiliser la déclaration de ces officiers à la retraite sous la houlette de Désiré Rakotoarijaona ; « une reprise des résolutions de la réunion d’Ankerana,
mais qui ont été remises à jour », d’après Désiré Ramakavelo, un autre Général retraité qui précise toutefois que la réunion d’Ankerana, et donc la résolution qui en était sortie, n’avait revêtu
aucune connotation politique.
En guise de désaveu, on n’aurait trouvé mieux que cette dernière déclaration. La réponse du berger à la bergère, ou encore « Désiré vs Désiré », pour parodier le titre d’un film célèbre.
N. Randria
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