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Le président allemand Christian Wulff a démissionné la semaine dernière. Selon la version officielle, il aurait été coupable de prévarication. Sans entrer dans les détails de cette affaire, il
est utile de préciser une chose : est déclaré prévaricateur « quelqu’un qui, par intérêt, manque aux devoirs de sa fonction » ou « quelqu’un qui détourne des fonds publics ». Là où on veut en
venir, c’est la très grande différence qui existe entre ce qui se passe à Madagascar et ce qui existe ailleurs. Et l’on ne peut s’interdire d’imaginer que ce qui se passe, en bien, dans d’autres
pays, soit également effectif chez nous. Si cela était, ce serait sans aucun doute une véritable hécatombe au sein de nos sphères dirigeantes ou chez nos notables titulaires d’une quelconque
responsabilité. Hélas, pour le grand malheur des Malgaches, c’est tout à fait le contraire qui arrive chez nous car ce sont des personnalités soupçonnées, voire coupables de malversation qui sont
inamovibles, casées ou recasées au sein de nos institutions. Les noms, tout le monde les connaît, mais ils semblent intouchables et leurs crimes restent impunis. Pour certains même, les fonctions
- et les façons d’agir assurément - se transmettent de génération en génération, créant ainsi une petite dynastie au sein des différentes républiques qui se sont succédé. Et cet état de fait
déplorable s’est fait le plus remarquer sous cette transition avec cette prépondérance du népotisme dans la pléthore de nomination au sein des institutions, d’une part, et dans la résurgence des
patronymes que l’on pensait oubliés depuis la chute des deux premières Républiques, d’autre part. A croire que Madagascar, depuis son indépendance, ne devrait être gouvernée que par certaines
familles, quelques dizaines au grand maximum, et que les nouvelles têtes ne sont là que pour le décorum, le semblant de changement prôné sur la place publique.
Au vu de leurs agissements, de ces dynasties qui nous gouvernent, Madagascar devrait avoir comme slogan : « prévaricateur de tout le pays, unissez-vous ! », pour pasticher la célèbre phrase de
Karl Marx.
N. Randria
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